
Dans L'Ecume des jours, Boris Vian mêle réalisme et absurde avec génie. Dans un monde où les codes sont parfois bouleversés, où l'on est plus respectable lorsqu'on est domestique qu'en étant agrégé de mathématiques, où une souris peut se battre pour illuminer une maison et où un nénuphar peut pousser dans un poumon, les personnages sont des Hommes comme les autres. La passion de Chick pour le penseur Jean-Sol Partre, l'amour de Colin pour Chloé, la jalousie d'Alize ou le comportement volage de Nicolas, tous ne ressentent que des émotions communes à chacun d'entre nous.
L'adaptation théâtrale par Vincent Leprette, mise en scène par Jules Poucet, retranscrit fidèlement l'univers du roman de Vian. Les comédiens s'approprient le texte tout en adaptant son contenu à notre époque. Une énergie communicative, des moments de franche rigolade et une émotion partagée. Chacun tient son rôle à la perfection. Les décors sont travaillés sur mesure et l'atmosphère musicale s'avère plus qu'entraînante.
Après la pièce, deux des comédiens, Nawel Dombrowsky et Jean-Damien Détouillon, se sont prêté au jeu d'une interview pas comme les autres :
1+1 ?
Jean-Damien et Nawel (en choeur) : 2 !
C'est bon, c'était pour vérifier que vous n'étiez pas des robots.
Présentez-vous !
Nawel : Bonjour, je m'appelle Nawel, j'ai 26 ans, et je joue Alize dans l'Ecume des jours.
JD : Bonjour, Jean-Damien Detouillon, 26 ans, je ressemble à Marc Lavoine jeune, et je joue dans l'Ecume des jours.
Depuis combien de temps êtes-vous comédiens tous les deux?
JD : Depuis tout petit.
Nawel : Depuis que j'ai 7 ans.
JD : Depuis que j'ai 6 ans et demi, histoire de devancer un peu Nawel !
Et depuis vos 6 ans et demi et 7 ans, quelle formation avez-vous suivi ?
Nawel (prenant un accent se voulant roumain polonais...!) : On a suivi une formation de boucherie, une formation de cordonnier, formation de poissonnier, formation de éboueur,... A toi !
JD : Moi j'ai fais une grande formation à l'école de théâtre de Gray [ndlr : Gray, magnifique petite ville de Haute-Saône!], avec la grande Véronique, de Gray [ndlr : Véronique Vigneron, comédienne de le troupe Théâtre en vie]. On faisait du théâtre d'improvisation avec la grande comédienne Annabayle Rich'tonn from L.-A. (accent "anglais"!). Ensuite conservatoire international de région de Besançon, et le cours Florent, à Paris, 19ème (accent anglais, le retour!).
Plutôt poisson ou plutôt viande ?
JD : Viande.
Nawel (toujours avec l'accent polonais) : Plutôt poisson.
JD : Elle est pas roumaine en vrai, hein !
Votre compagnie, Charles est stone, comment s'est-elle formée ?
Nawel (à JD) : Parle parce que là j'ai l'accent !
JD : En fait, on est tous des anciens du cours Florent, et comme ça on s'est formés, on s'est dit "Tiens, ça te dit de te former avec... toi ?", et ouais, on s'est formés !
Donc vous êtes six ?
JD : Six, et même sept avec le metteur en scène, huit avec la scénographe, neuf avec le ...
Nawel (l'accent a disparu!): Créateur lumière !
JD : Et dix avec le chargé de diff' !
Ok, on ne comptera pas avec le public alors !
JD : Oula, sinon ça fait... des milliards !
Sinon, pensez-vous qu'une table resterait une table si on l'appelait une chaise ?
JD : Comment ?!!
Nawel (l'accent is back): Ça dépend où tu l'as construite, si tu construis les pieds sur la table, ça reste une chaise ! Formation menuiserie... !
JD : Pareil, j'veux pas d'embrouilles moi !
Comment s'est fait le choix de la pièce ?
JD : Oh ben au hasard, on a pris un bouquin dans la bibliothèque, c'était l'Ecume des jours, on a trouvé ça sympa.. Nan ça faut demander à Vincent [ndlr : Vincent Leprette, auteur de l'adaptation] !
Je vais donc parler à Vincent. (semblant vouloir imiter Vincent...d'une voix très aigüe : ) "Eh bien, en fait , j'vais vous expliquer, j'ai fait un rêve, j'ai rêvé de l'Ecume des Jours que j'ai lu quand j'étais au collège/lycée, et dans mon rêve je jouais dedans et j'trouvais ça vachement sympa. Du coup j'ai voulu l'adapter, je l'ai adapté, et j'ai demandé à mes potes de jouer" ! (reprenant sa voix "normale") Et voilà comment Vincent nous a fait jouer dans l'Ecume des jours.
Et les motifs, sur le papier toilette, c'est important pour vous ?
Nawel (toujours en mode polonaise) : Les motifs c'est important, surtout quand c'est des fleurs.
JD : Oui, comme ça on peut faire des dessins avec les cacas, c'est mieux !
Ok, parfait ! Et vos projets en cours, et à venir ?
Nawel : Ben formation éboueur. Ah nan je l'ai déjà faite celle-là. Formation poseur d'évier, formation poseur d'ampoules, formation poseur de... Voilà.
JD : J'ai un grand projet avec une société qui s'appelle Pôle Emploi, où le but sera de toucher des indemnités journalières.
Nawel : Et il y arrive très bien !
C'est beau, il faut être ambitieux. Pensez-vous que le changement climatique peut avoir une influence sur les pizzas Quatre-Saisons ?
JD : Oui, parce que le changement, c'est maintenant, c'est pour ça qu'il n'y a plus trop de climat en ce moment, y a plus de saisons quoi. Y a plus de quatre saisons, y a plus de pizzas.
Nawel : Oui, y a plou rien !
Et une formation pizzaïolo, non ?
Nawel : Euh nan, pas encore !
Comment on s'en sort quand on est jeune comédien en 2013 ?
Nawel : On s'en sort !
JD : On s'en sort mieux qu'avec des études de philo !
Ca c'est sûr.. Hmm bref !!
Si vous étiez sûr à 100 % de réussir, qu'est-ce que vous entreprendriez ?
Nawel : Formation boucher !
JD : Moi pizzaïolo.
Quelque chose à ajouter ?
Nawel : J'adore les pizzas !
JD : Des champignons, sur la quatre-saisons, ça serait sympa !
Retrouvez-les sur scène chaque lundi soir (jusqu'au 24 juin) au Théâtre Clavel (Paris 19).