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Je suis l'Homme le plus beau du monde, Cyril Massarotto

Après Dieu est un pote à moi et Cent pages blanches, je poursuis avec avidité ma lecture des romans de Cyril Massarotto. Je suis l'Homme le plus beau du monde est le troisième.


Quand il est né, il était le plus beau bébé du monde. En grandissant, il est devenu le plus beau petit garçon du monde.
Tous les parents parlent de leur enfant en ces termes. Mais lui, c'est vrai.
 
Tout le monde s'accorde sur son infinie beauté. La beauté est subjective, mais lui, il EST la beauté.

Si bien que sa mère préfère le garder enfermé à la maison. Et que son père meurt dans une émeute lorsque des gens subjugués par l'enfant se précipitent pour le toucher.

Être le plus beau du monde, ça ressemble à une bénédiction, à un joli sort jeté par les bonnes fées au dessus de son berceau. Mais pour lui, c'est un cauchemar.

Un jour, découvert par un journaliste, il se voit offrir une vie glorieuse. Il devient un phénomène interplanétaire. Caché pour préserver le mystère, il apparait une fois par an, en photo, pour le bonheur de l'humanité entière. Dans sa prison dorée, il a tout ce qu'il désire. Toutes les technologies, toutes les filles.

Jusqu'à ce qu'il craque et s'enfuie loin de tout.
Sa rencontre dans le désert avec une vieille sorcière va changer sa vie. Possesseur d'un seul et unique vœux, il va pouvoir réaliser ce qu'il souhaite. 

Que va-t-il choisir ? Que garder ? Tout perdre ? Comment être heureux ?

Son choix sera vite fait, mais il n'obtiendra peut-être pas exactement ce qu'il désire.


Tableau dramatique d'une société au besoin infini d'aduler, critique du pouvoir de l'apparence, philosophie de la perfection... On lit ici un conte presque dérangeant où seule l'enveloppe compte, où l'image est plus forte que la personnalité, soulevé par le ton léger caractéristique de l'auteur.


Les oranges ne sont pas les seuls fruits - Jeanette Winterson



Jeanette, elle vit en Angleterre. Avec sa mère et son père. 

Jeanette, elle est pauvre et elle croit en Dieu.

Sa mère, convertie sur le tard par un pasteur très charismatique, est très impliquée dans la vie religieuse de sa communauté protestante dans les années 60-70. Tellement impliquée que toute la vie de cette famille est rythmée par ses prières, les offices et les réunions paroissiales. Que Jeanette ne va pas à l'école avant que sa mère ne soit obligée de l'y envoyer. Qu'elle a appris à lire avec des passages de la Bible. Qu'elle est destinée à devenir missionnaire.

Mais Jeanette n'est pas ni vraiment heureuse, ni vraiment malheureuse. Elle avance, vit sa vie de petite fille puis de pré-adolescente. Ses amis sont rares, mais elle peut compte sur Elsie, une vieille femme qui croit au destin et au pouvoir des dés.

Et puis il y a Mélanie. Mélanie est tellement jolie... Dès leur rencontre, les deux jeunes filles ne se quittent plus. C'est décidé, Jeanette ne se mariera pas et elle passera toute sa vie avec Mélanie. 

Oui, mais dans l'Angleterre protestante des années 60, ça ne se passe pas comme ça. Exorcismes, rédemption forcée, rébellion, Jeanette passe par tout un tas d'épreuves pour se trouver, se comprendre, s'affirmer.



Dans ce roman fictionnel-autobiographique, Jeanette Winterson dépeint la vie d'une petite fille débordant d'imagination, intelligente, enfermée dans une morale bien pensante, voire violente. 
On grandit avec elle, on veut la connaître, lui donner les clés pour s'en sortir... 
Mais finalement, elle y parvient très bien toute seule !