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Les Morues, Titiou Lecoq


Pourtant, on n'assiste pas à une histoire d'amour. Plutôt à l'Histoire de l'Amour.

Les Morues, à la base, c'est trois nanas qui se sont bien trouvées. Différentes, mais pas tant que soit. Féministes, mais peut-être pas tout à fait jusqu'au bout des doigts.

Les Morues, elles ont une charte qui doivent leur empêcher toute soumission au genre masculin, sans tomber dans des grandes phrases toutes faites et vides de sens.

Et puis il y a Fred, qui devient la quatrième Morue. Fred, c'est un garçon. Il connait Ema, l'une d'entre elles, depuis l'adolescence. Le suicide de l'une de leurs amies de l'époque va les rapprocher. Ils se retrouvent pour élucider cette mort qui leur parait suspecte. Improbable. Incompréhensible.
Intrigues politiques, faux papiers et mensonges... tout est réuni pour nous tenir en haleine.
 
Mais le cœur du roman, c'est l'amour. L'amour, qui est finalement le noyau de toute histoire, depuis la nuit des temps.

Dans toutes ses dérives, ses déviances et variantes. Entre l'amour bienséant qui plairait à papa-maman et celui que l'on veut offrir, entre des choix de vie et ce que l'on peut donner, entre l'accomplissement personnel et les inévitables compromis...
 
L'amour qui se cache là où on ne l'attend pas... et que l'on ne retrouve pas là où on le désire. L'amour physique face au confort de la vie sentimentale.
 
C'est aujourd'hui, c'est notre vie, celle que l'on construit au jour le jour et celle de tous nos avatars sur les réseaux sociaux. Notre vie à nous, jeunes adultes en manque d'indépendance tout en gardant de force un pied ancré dans l'enfance.



Pas une seconde d'ennui, pas une page plus longue que les autres, aucune ligne qu'on voudrait sauter. Tout simplement à dévorer, en deux petites soirées, entre thé vert et cigarettes roulées.

Z'arts up' 2013, les arts de rue à Béthune




 

Le week-end dernier s'est déroulé à Béthune (62) le 14ème festival européen des arts de la rue, Z'arts Up'. 

 

Théâtre, danse, mime, marionnettes... De nombreux artistes se sont partagés les rues de la ville pour offrir aux spectateurs une multitude de possibilités.

 

J'ai donc pu assister à 3 spectacles au cours de ce week-end.




Cie Chiennes nationales - La vie devant soi

Une adaptation du roman de Romain Gary (écrit sous son pseudo Emile Ajar). 
Deux comédiennes s'approprient le merveilleux texte de La vie devant soi, en interprétant à tour de rôle le narrateur, Momo, et d'autres personnages. Momo a 14 ans mais croit en avoir 10. Il vit chez Madame Rosa, une vieille femme juive, dans le Belleville des années 50. Ses compagnons de route, d'autres enfants de prostituées vivant hébergés dans le même appartement, Monsieur Hamil, un vieil homme plein de sagesse, le Mahoute, adolescent diabétique et héroïnomane, ou encore Arthur, un parapluie avec un visage, se succèdent et ponctuent sa vie pour l'aider à grandir. 
De grands sujets de sociétés sont évoqués : la religion, la guerre, le droit à mourir, l'abandon, etc.
Le texte, à lire ou à relire sans attendre, est un délicieux moment de poésie, une tranche de vie crue, sans fioritures, emprunt de liberté et de vérité



Extraits :
"Madame Rosa dit que la vie peut être très belle 
mais qu'on ne l'a pas encore vraiment trouvée 
et qu'en attendant il faut bien vivre."

"J'ai toujours remarqué que les vieux disent "tu es jeune, tu as toute la vie devant toi", 
avec un bon sourire, comme si cela leur faisait plaisir.
Je me suis levé.
Bon je savais que j'ai toute ma vie devant moi 
mais je n'allais pas me rendre malade pour ça."

"  J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque"

 "Madame Rosa engueulait Banania 
mais celui-ci s'en foutait parce qu'il n'avait que trois ans et des sourires. 
Je pense que Madame Rosa aurait peut-être donné Banania à l'Assistance 
mais pas son sourire 
et comme on ne pouvait pas l'un sans l'autre, 
elle était obligée de les garder tous les deux." 


Une petite heure poétique, drôle, pleine d'émotions qui se bousculent. Les comédiennes nous emportent dans le monde de Momo, rendent le bonheur accessible et simple. Ça commence avec une tasse de thé, ça se poursuit dans des éclats de rire et s'achève sur une note teintée de nostalgie.

N'hésitez pas à aller les voir si elles passent vers chez vous (dates et lieux sur cette page).


La française de comptages - Une cerise noire

 

 

  








Une installation extraordinaire. Tout est recréé pour présenter les coulisses d'un tournage de cinéma. Les comédiens sont aussi acteurs, alternant expressivité et subtilité. L'histoire, un polar hollywoodien classique de années, n'a finalement pas grande importance. Ce qui occupe l’œil du public, c'est tout ce qui permet de créer le film. Techniciens, comédiens, figurants, ils utilisent l'espace à leur disposition (ici la Grand' Place de Béthune) pour recréer l'ambiance du plateau de cinéma, des décors, des tournages en studio ou en extérieur. On reste ébahi par la précision de chaque geste, l'énergie détonante de chaque personne présente sur "scène", et on en oublie le film, simultanément diffusé sur grand écran. Un vrai spectacle, un show ahurissant ! (leur site)



La débordante compagnie - Dispersion

Une chorégraphie étonnante. Les danseurs s'approprient le territoire, déplacent le public à leur guise pour effectuer leur spectacle. On est tour à tour parqués dans un espace délimité autour duquel les artistes évoluent, mobiles et livrés à nous-mêmes pour observer leur danse, puis dispersés utilisés comme "décor" humain. La limite danseurs/spectateurs se fait parfois très mince lorsque les premiers projettent leur corps entre les seconds, sans peur du contact. 

"Georges Moustaki, c'est ma tendresse", Barbara.







On l'a appris aujourd'hui : Georges Moustaki est décédé aujourd'hui, jeudi 23 mai 2013.

Je ne veux pas revenir ici sur sa vie, ou son travail que l'on connaît bien, mais sur l'une de ses relations. Il a, au cours de sa carrière et ce dès le début, noué de nombreuses amitiés, écrit et composé pour un certain nombre d'interprètes (Piaf, Montand, Dalida, etc.).
Mais celle qui m'importe le plus est sa collaboration avec Barbara.
Plus qu'un lien professionnel, les deux artistes ont tissé une véritable amitié.




En 1962, on les retrouve ensemble pour la première fois dans l'émission Discorama, où ils chantent ensemble Fleurs de méninges.

En 1967, Moustaki écrit pour la chanteuse La dame brune, enregistrée dans le 8ème album de celle-ci :  Ma plus belle histoire d'amour.


Lors du décès de Barbara en 1997, Moustaki évoque l'écriture de cette chanson. Barbara l'invitait alors chez elle, pour qu'il compose pour elle, mais lui préférait regarder la télévision. Après une menace de Barbara de couper cette télé, il a composé la chanson en la regardant. En lui répondant, Barbara s'est alors rendu compte que ce n'était pas une plaisanterie mais un vrai morceau qu'ils pouvaient enregistrer et chanter sur scène. Ils l’interprèteront en duo un peu plus tard sur la scène de l’Olympia. Elle l'entraîne en tournée en 1968. Alors qu'elle doit entrer sur scène à Mulhouse, Barbara est prise d'un malaise. Moustaki la remplace donc et fait, un peu malgré lui, ses premiers pas seuls sur scène.
Un second duo les réunit en 1972 : La ligne droite apparait dans le 13ème album de Barbara (Amours incestueuses).

Georges Moustaki parle de la chanteuse comme d' "un personnage d'exception, dans la profession et dans le paysage en général", qui a imposé sa sensibilité sans aucune concession. Son seul véritable amant était le public, à qui elle donnait tout ce qu'elle pouvait donner.

Le chanteur évoque aussi ses préoccupations et son engagements de de nombreuses causes, comme le racisme, la réconciliation franco-allemande ou encore le SIDA - "parce que l'amour tenait une grande place dans sa vie, et voir que l'amour pouvait tuer ça l'a bouleversée". Elle distribuait donc des préservatifs à la sortie de ses concerts.

Barbara a également repris, seule, des chansons écrites par Georges Moustaki. Celles-ci ont été réunies en 2012 dans un album intitulé Barbara chante Brel, Brassens, Moustaki. Extraites d'un 33 tours de 1966, on y trouve De Shanghai à Bangkok, Vous entendrez parler de lui, et bien sûr Liberté.


Elle dira un jour de lui : 

"Georges Moustaki est un Monsieur que je connais depuis très, très longtemps, 
une espèce d'homme du soleil, 
et ce qu'il y a de prodigieux chez lui, c'est qu'en vieillissant, 
il a toujours une belle âme, et là elle apparait. 
Il est superbe, transparent, il est ... 
Georges Moustaki, c'est ma tendresse
(Mai 1969).

L'écume des jours par la Compagnie Charles est Stone, au théâtre Clavel (Paris 19), interview des comédiens


L'écume des Jours Théâtre Clavel Affiche

Dans L'Ecume des jours, Boris Vian mêle réalisme et absurde avec génie. Dans un monde où les codes sont parfois bouleversés, où l'on est plus respectable lorsqu'on est domestique qu'en étant agrégé de mathématiques, où une souris peut se battre pour illuminer une maison et où un nénuphar peut pousser dans un poumon, les personnages sont des Hommes comme les autres. La passion de Chick pour le penseur Jean-Sol Partre, l'amour de Colin pour Chloé, la jalousie d'Alize ou le comportement volage de Nicolas, tous ne ressentent que des émotions communes à chacun d'entre nous.


L'adaptation théâtrale par Vincent Leprette, mise en scène par Jules Poucet, retranscrit fidèlement l'univers du roman de Vian. Les comédiens s'approprient le texte tout en adaptant son contenu à notre époque. Une énergie communicative, des moments de franche rigolade et une émotion partagée. Chacun tient son rôle à la perfection. Les décors sont travaillés sur mesure et l'atmosphère musicale s'avère plus qu'entraînante.




Après la pièce, deux des comédiens, Nawel Dombrowsky et Jean-Damien Détouillon, se sont prêté au jeu d'une interview pas comme les autres :

1+1 ?
Jean-Damien et Nawel (en choeur) : 2 !

C'est bon, c'était pour vérifier que vous n'étiez pas des robots.
Présentez-vous !
Nawel : Bonjour, je m'appelle Nawel, j'ai 26 ans, et je joue Alize dans l'Ecume des jours.
JD : Bonjour, Jean-Damien Detouillon, 26 ans, je ressemble à Marc Lavoine jeune, et je joue dans l'Ecume des jours.

Depuis combien de temps êtes-vous comédiens tous les deux?
 JD : Depuis tout petit.
Nawel : Depuis que j'ai 7 ans.
JD : Depuis que j'ai 6 ans et demi, histoire de devancer un peu Nawel !

Et depuis vos 6 ans et demi et 7 ans, quelle formation avez-vous suivi ?
Nawel (prenant un accent se voulant roumain polonais...!) : On a suivi une formation de boucherie, une formation de cordonnier, formation de poissonnier, formation de éboueur,... A toi !
JD : Moi j'ai fais une grande formation à l'école de théâtre de Gray [ndlr : Gray, magnifique petite ville de Haute-Saône!], avec la grande Véronique, de Gray [ndlr : Véronique Vigneron, comédienne de le troupe Théâtre en vie]. On faisait du théâtre d'improvisation avec la grande comédienne Annabayle Rich'tonn from L.-A. (accent "anglais"!). Ensuite conservatoire international de région de Besançon, et le cours Florent, à Paris, 19ème (accent anglais, le retour!).

Plutôt poisson ou plutôt viande ?
JD : Viande.
Nawel (toujours avec l'accent polonais) : Plutôt poisson.
JD : Elle est pas roumaine en vrai, hein !

Votre compagnie, Charles est stone, comment s'est-elle formée ?
Nawel (à JD) : Parle parce que là j'ai l'accent !
JD : En fait, on est tous des anciens du cours Florent, et comme ça on s'est formés, on s'est dit "Tiens, ça te dit de te former avec... toi ?", et ouais, on s'est formés ! 

Donc vous êtes six ?
JD : Six, et même sept avec le metteur en scène, huit avec la scénographe, neuf avec le ...
Nawel (l'accent a disparu!): Créateur lumière !
JD : Et dix avec le chargé de diff' !
Ok, on ne comptera pas avec le public alors !
JD : Oula, sinon ça fait... des milliards !

Sinon, pensez-vous qu'une table resterait une table si on l'appelait une chaise ?
JD : Comment ?!!
Nawel (l'accent is back): Ça dépend où tu l'as construite, si tu construis les pieds sur la table, ça reste une chaise ! Formation menuiserie... !
JD : Pareil, j'veux pas d'embrouilles moi !

Comment s'est fait le choix de la pièce ?
JD : Oh ben au hasard, on a pris un bouquin dans la bibliothèque, c'était l'Ecume des jours, on a trouvé ça sympa.. Nan ça faut demander à Vincent [ndlr : Vincent Leprette, auteur de l'adaptation] !
Je vais donc parler à Vincent. (semblant vouloir imiter Vincent...d'une voix très aigüe : ) "Eh bien, en fait , j'vais vous expliquer, j'ai fait un rêve, j'ai rêvé de l'Ecume des Jours que j'ai lu quand j'étais au collège/lycée, et dans mon rêve je jouais dedans et j'trouvais ça vachement sympa. Du coup j'ai voulu l'adapter, je l'ai adapté, et j'ai demandé à mes potes de jouer" ! (reprenant sa voix "normale") Et voilà comment Vincent nous a fait jouer dans l'Ecume des jours.

Et les motifs, sur le papier toilette, c'est important pour vous ?
Nawel (toujours en mode polonaise) : Les motifs c'est important, surtout quand c'est des fleurs.
JD : Oui, comme ça on peut faire des dessins avec les cacas, c'est mieux !

Ok, parfait ! Et vos projets en cours, et à venir ? 
Nawel : Ben formation éboueur. Ah nan je l'ai déjà faite celle-là. Formation poseur d'évier, formation poseur d'ampoules, formation poseur de... Voilà.
JD : J'ai un grand projet avec une société qui s'appelle Pôle Emploi, où le but sera de toucher des indemnités journalières.
Nawel : Et il y arrive très bien ! 

C'est beau, il faut être ambitieux. Pensez-vous que le changement climatique peut avoir une influence sur les pizzas Quatre-Saisons ?
JD : Oui, parce que le changement, c'est maintenant, c'est pour ça qu'il n'y a plus trop de climat en ce moment, y a plus de saisons quoi. Y a plus de quatre saisons, y a plus de pizzas. 
Nawel : Oui, y a plou rien !
Et une formation pizzaïolo, non ?
Nawel : Euh nan, pas encore ! 

Comment on s'en sort quand on est jeune comédien en 2013 ?
Nawel : On s'en sort !
JD : On s'en sort mieux qu'avec des études de philo !
Ca c'est sûr.. Hmm bref !!
Si vous étiez sûr à 100 % de réussir, qu'est-ce que vous entreprendriez ? 
Nawel : Formation boucher ! 
JD : Moi pizzaïolo.

Quelque chose à ajouter ?
Nawel : J'adore les pizzas ! 
JD : Des champignons, sur la quatre-saisons, ça serait sympa ! 


Retrouvez-les sur scène chaque lundi soir (jusqu'au 24 juin) au Théâtre Clavel (Paris 19).

Deux jours chez Michel Drucker

Deux après-midi au studio Gabriel.


Il y a quelques semaines, j'ai assisté à l'enregistrement des émissions Vivement Dimanche, et Vivement Dimanche prochain, présentées chaque dimanche (non!?!) par Michel Drucker.

Enregistrements musicaux

Le lundi après-midi étaient enregistrés les passages musicaux. Ce jour-là, la troupe Swinging Life (leur site) qui présentait un spectacle reprenant les grands classiques de Broadway, Olivia Ruiz et Jacques Higelin.
On était très peu nombreux, peut-être une trentaine, à y assister. Quelques néophytes comme moi, qui venaient pour apercevoir Olivia Ruiz ou Jacques Higelin, et un grand nombre d'habitués - de l'émission voire de tous les studios d'enregistrement...
Après un rapide briefing pour le public, les artistes passent à tour de rôle enregistrer un morceau. Soit très rapidement (pour Olivia, la deuxième prise était la bonne), soit un peu plus longuement. Higelin a rechanté une demi douzaine de fois son morceau pour le caler correctement. Jusque là, rien d'extraordinaire.Une chose qui m'a fait sourire, c'est de voir les artistes descendre les marches de la scène et marcher comme s'ils allaient à la rencontre de Michel Drucker (voir la suite pour comprendre mieux!). Le dit Michel est passé, faisant visiter son studio à quelques personnes, faire un petit coucou.
Très cool, jean baskets, détendu, des "Ca va ?" et des "On s'voit d'main", il s'est assis un petit moment pour regarder Jacques Higelin bosser, a salué ses techniciens, puis est reparti.

Bref, un après-midi sympa, seulement 2 ou 3 heures et la journée était assez belle pour aller faire un tour du quartier qui, bien évidemment vu sa situation - entre l'ambassade américaine, les Champs et l'Elysée - était bien gardé.

 

L'entrée du public

Le lendemain, la journée s'annonçait plus longue : l'enregistrement à proprement parler des deux émissions dominicales.
Là encore, une foule d'habitués commentaient les dernières émissions, d'ici ou d'ailleurs. D'autres se montraient une centaine de photos, dédicacées ou non, prises avec des artistes de tous horizons. Certains même ne venaient pas assister à l'émission mais attendaient que les "stars" passent pour les filmer, photographier, faire signer des autographes, etc. Si j'ai bien compris, ils sont habitués des marches des différents studios parisiens...
Avant que le public ne puisse rentrer, seuls Catherine Frot (invitée principale de l'émission), Léa Drucker et Guillaume Musso sont passés. Les autres sont arrivés alors que nous étions déjà installés.

Les premières personnes à entrer sont celles d'un groupe de personnes âgées qui sont installées sur les rangs du fond, ou sur les côtés. Puis la foule de badauds dont je faisais partie est invitée à s'installer. Enfin, devrais-je dire, à être installée par le placeur/chauffeur de salle. Il gère, durant toute l'émission, les applaudissements, déplace les personnes qui ne passent pas très bien à l'écran (motif entendu : tee-shirt trop bariolé), etc. Lorsque j'entre, il fait reculer de quelques rangs un couple qui était devant pour me mettre à leur place. Parce que j'avais "des belles couleurs" (mon haut, pas mes joues hein!). Et au fil de l'enregistrement, il nous a redéplacés pour que le fond soit plus harmonieux derrière Catherine Frot (pas deux fois la même couleur l'une à côté de l'autre, etc).
Après un passage éclair de Mathieu Madénian et d'Eric Antoine venus, eux aussi mais pour le plaisir, chauffer la salle, et un briefing "sécurité', les enregistrements peuvent commencer.


Vivement dimanche prochain

Paradoxalement, Vivement Dimanche prochain (l'émission du soir) est enregistrée la première. Michel Drucker et ses invités doivent donc jongler avec ce qu'ils sont censés avoir dit dans l'après-midi, alors qu'ils viennent à peine de s'installer dans le fameux canapé rouge. Exercice réussi, on voit le professionnel !
Michel Drucker accueille son invitée, puis les autres artistes viennent s'entasser les uns après les autres autour d'eux sur le canapé.  Tout est tourné comme en direct, les seules pauses sont les moments durant lesquels des reportages sont diffusés sur l'écran. Quelques petites retouches maquillages, quelques petites gorgées d'eau, et c'est reparti. 
Après l'enregistrement de cette première (ou deuxième!) partie, break de trente minutes pendant lesquelles Catherine Frot se prête au jeu des autographes et des photos, avant d'aller se changer pour la suite. Le public fait la queue aux toilettes, Eric Antoine réenregistre une partie de son sketch, et on se réinstalle.


Vivement Dimanche

L'enregistrement de Vivement Dimanche se tourne dans les mêmes conditions. Les artistes se succèdent sur le canapé, parlent de leur actualité et de leur relation avec l'invitée principale.
Jacques Higelin se lance dans un éloge à la simplicité et à l'humanité de Catherine Frot, d'autres évoquent les souvenirs qu'ils ont en commun, et Madame Frot commente le travail de ces derniers.
De la même façon, comme en direct, il n'y a pas d'autres pauses que celles des diffusions sur grand écran. Lorsque sont diffusés les morceaux musicaux enregistrés la veille, les artistes viennent se placer en bas des marches et attendent le signal pour rejoindre Michel Drucker. Avec le montage, on pourrait croire qu'ils viennent à l'instant de chanter, mais c'est ça, la magie de la télé !
Après la dernière invitée (la vraie cuisinière de François Mitterrand, qui a inspiré Catherine Frot pour son rôle dans Les Saveurs du Palais, avec entre autres Jean d'Ormesson), dernier point technique. En effet, Michel Drucker doit répéter quelques mots ou phrases sur lesquels il aurait trébuché pendant l'enregistrement, et qui seront réintégrés au montage.

Pour finir, le présentateur enregistre l'introduction de l'émission suivante, une rediffusion du Vivement Dimanche  hommage de Jean-Claude Brialy.
Puis tout le monde peut sortir. Dehors, les fameux "traqueurs de stars" sont toujours là, appareils photos à la main, parce qu'apparemment, "Albert Dupontel n'est pas encore sorti!!!"

Voilà pour l'expérience assez intéressante. Tout le monde est finalement assez sympathique, même si l'on voit que tout est réglé, organisé, et répété chaque semaine.





Dieu est un pote à moi, Cyril Massarotto



Le narrateur de ce roman n'a pas de prénom.
Enfin, si, il doit en avoir un, tout le monde a un prénom. Sauf que le sien, on ne le connaît pas.

Dans sa vie, voire au même moment de sa vie, il va faire deux rencontres qui vont tout changer.
Il y a Alice, étudiante, avec qui l'amour et le bonheur vont devenir une évidence.
Et puis il y a Dieu. Oui, Dieu. Dieu qui va se manifester à lui et, en quelque sorte, le soutenir. L'aider à conquérir Alice, par exemple. Mais également à voir la vie autrement. La vie... et le reste.

Dieu lui donne des leçons pour avancer. Pas du catéchisme, loin de là, juste les conseils d'un bon vieil ami qui sait tout de vous. Et pour cause, c'est Dieu !


Mais que fera Dieu dans le pire des cas ? Comment l'aidera-t-il quand le pire arrivera ?
Leurs rendez-vous hebdomadaires suffiront-ils à rendre sa vie plus simple ? Et surtout, saura-t-il pourquoi Dieu l'a choisi, lui, vendeur de nuit dans un sex-shop ?

Dieu est un pote à moi est un roman audacieux. Aussi drôle que bouleversant.
Sincèrement, j'ai ri sans retenue... et j'ai pleuré.
Le style de Cyril Massarotto est fluide, distrayant, accrocheur. Dieu n'est pas un prêtre moralisateur, c'est juste Dieu, celui qui sait et qui voit.
Un fil de pensées qui pourrait être le nôtre - si tant est qu'on rencontre Dieu un jour !


De la perte de notre imagination.



Essayez d'imaginer une fille blonde...

A qui pensez-vous ?


Maintenant, imaginez un homme avec une barbe de trois jours.

Qui voyez-vous ?


Je suis presque sûr que vous pensez à quelqu'un en particulier. Une célébrité, quelqu'un de votre entourage plus ou moins proche...

Je me suis fait cette réflexion récemment. J'étais incapable d'imaginer un visage inexistant.
Impossible !

Dès lors que l'on pense à une caractéristique, on imagine quelqu'un que l'on a déjà vu.

Puzzle Femelle De Beauté De Visage Images stock - Image: 5421274

Parfois, on ne s'en rend pas compte tout de suite : "Mais non, cette femme je ne la connais pas !"
Et puis ça nous revient. Un personnage dans une série. La caissière d'un supermarché où l'on est allé qu'une fois. Le voisin de sa grand-mère que l'on croise dans les escaliers...

Cet exercice est peut-être réalisable, mais avec un gros travail, style "portrait-robot".
Imaginer un nez. Des yeux. Une bouche. Des cheveux.
Même si l'on connait ce nez ou cette bouche, on crée un visage nouveau en les assemblant.

Un puzzle. Pas forcément très réussi !
Parce que, comme on dit, la nature est bien faite, et nos yeux vont bien avec le reste !

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"Plus bot la vie" - Quand les robots et humains ne font plus qu'un.

Real Humans. 100% Humains, en français. 

Voilà une série suédoise qui, malgré les apparences, sort de l'ordinaire.


Nous sommes dans un monde qui pourrait être celui de demain. Des robots ont été créés pour aider dans les tâches quotidiennes. Jusque là, rien de neuf sous le soleil. 
Oui, mais ces robots, les Hubots (human robots) sont, comme leur nom l'indique, des copies conformes d'être humains. Enfin, des êtres humains un peu lisses, trop parfaits (si tant est que la perfection soit représentée par Ken et Barbie...). Leur aspect nous légèrement rend mal à l'aise, nous comme les personnages "humains" de la  série.

Tous uniques, tous identiques

Comme on peut s'y attendre, les Hubots divisent la population en deux camps : les "pros" et les "contres".
Ceux qui trouvent leur vie tellement plus simple depuis qu'ils ne font plus la vaisselle, ne tondent plus la pelouse et ne lisent plus d'histoire à leurs enfants le soir. Et ceux qui prônent le 100% Humain, qui sentent une menace venant de ces humanoïdes omniprésents.

Comme on peut s'y attendre, la création de ces Hubots entraîne toutes sortes de perversions : "débridage" des robots pour améliorer leur performances sexuelles, prostitution de Hubots, mais également histoires d'amour robot/humain, etc.

Comme on peut s'y attendre, une bande de Hubots pas comme les autres, les "enfants de David" , en quelques sortes libérés de leur maître, une sorte de savant fou, et doué d'émotions, qui voudraient prendre le contrôle (du pays, du monde, ion ne sait pas trop, mais ils veulent leur indépendance).

Si parfaits qu'ils en sont effrayants...


La série fait se croiser une dizaine d'histoires singulières, de personnages atypiques. Léo, par exemple, fils de David (oui, celui qui a libéré la meute de Hubots en quête de pouvoir). Léo est humain. Ou plutôt, il l'était. En fait, il est mort lorsqu'il était enfant, et son père lui a implanté un système  électrique pour le ressusciter. Tout comme il a créé un robot en tout point semblable à sa femme, décédée elle aussi.

Il y a aussi Inger, opposée à l'adoption d'un Hubot, mais qui se laisse convaincre par son mari et qui se prend d'une amitié profonde pour Anita (Hubot qui n'est autre que Mimi, petite amie de Léo, qui a été "reformatée").

Lenhnart, beau-père de Inger, doit changer de Hubot car le sien dysfonctionne. Mais s'il se laisse convaincre d'acheter Vera, Hubot gériatrique au visage antipathique qui vient prendre sa tension quand il dort, il ne peut se résoudre à jeter Odi, l'ancien.

Et Roger, qui se retrouve dans une milice anti-hubots après que sa femme soit partie avec Rick, le Hubot coatch sportif, pour vivre leur amour...

"Besoin de me recharger"

Bref, une foule de personnages (humains ou non) attachants, un rapprochement avec l'esclavagisme et les guerres d'indépendance, une grande interrogation morale sur l'utilisation d'un robot si proche de nous que le doute est permis quand à leur droit de parole.


A une époque où la modernité avance plus vite que nous-même, on peut se demander ce que sera demain si le travail effectué sans plaisir était laissé à des robots.
Euh... n'est-ce pas déjà le cas ? ...




Quand les artistes s'engagent.

Lors des grands débats et avant l'adoption de la loi concernant le mariage pour tous, un certain nombre d'artistes et de personnages publics se sont prononcés en faveur de ce droit.
Et ce de plusieurs manières.



Il y a par exemple cet appel lancé, comme une pétition, et signé par une cinquantaine d'artistes fin 2012 :

"Nous artistes et personnalités du monde du spectacle, Nous ne parlerons pas ici de politique.
Nous ne parlerons pas ici de religion.
Nous ne parlerons que d’égalité,
Nous sommes d’une génération pour qui le mariage pour tous est une évidence. Nous côtoyons chaque jour dans nos métiers, dans nos vies personnelles et amicales des homosexuels, célibataires, en couple, avec ou sans enfants, avec ou sans le désir d’enfant.
Nous sommes tous issus d’une famille dite « traditionnelle ». Pour autant, certains d’entre-nous ont connu la famille mixte, monoparentale, de cause ou de fait, certains ont été élevés par un tiers, pour autant nous sommes fiers de notre identité et ces différences nous ont rendues plus forts.
Aujourd’hui, nous ne supportons plus de voir en France des gays et lesbiennes injuriés, nous ne supportons plus de voir nos amis, nos familles, nos fans injuriés.
Nous ne voulons pas d’une France ou certains seraient stigmatisés, nous ne voulons pas d’une France où il y aurait des sous citoyens.
Nous en appelons à la tolérance, à l’ouverture d’esprit de chacun au nom du « Bien vivre ensemble ».
Nous artistes et personnalités du monde du spectacle nous prenons positions et soutenons le mariage et l’adoption pour tous."


2012-12-07-mariagepourtous1.jpg

(Les artistes ayant signé sont : Al Hy (The Voice), Alex Goude, Alex Lutz, Anaïs, Anggun, Amandine Bourgeois, Barbara Carlotti, Baptiste Lecaplain, Baz’art à nanas, Ben Mazué, China Moses, Chris Mayne, Christophe Beaugrand, Clarika, Dominique A, Elsa Lunghini, Emmanuel Moire, Jeanne Cherhal, Jean Pierre Danel, Jenifer, Jennifer Ayache (Superbus), Julie Zenatti, Julien Clerc, Karima Charni, Karine Ferri, Keren Ann, L, La Grande Sophie, Laurent Lamarca, Lorie, Mademoiselle K, Make The Girl Dance, Medhi, Zannad, Merwan Rim, Mika, Mutines, Patricia Kaas, Quentin Mosimann, RoBERT, Séverin, Sheryfa Luna, Sofia Essaïdi, Sophie Carpentier; Tal, Thomas Fersen, Thierry Gali, Valérie Damidot, Ysa Ferrer, N.D)



D'autres s'expriment publiquement sur le sujet. Dans cet extrait de Vivement Dimanche du 5 mai 2013, Olivia Ruiz fait part de sa colère et de son incompréhension face aux Manifs' pour tous :


 
(sur beaucoup d'autres exemples j'ai choisi celui-ci par ce que, d'abord, c'est Olivia, et qu'en plus j'y étais)



Certains artistes vont même jusqu'à réaliser un travail complet sur le sujet.

C'est le cas d'Olivier Ciappa, qui a photographié un certain nombre de personnalités (qu'il s'agisse d'acteurs, de réalisateurs, de journalistes et bien d'autres encore).


Les uns portent fièrement une pancarte revendiquant leur refus de l'homophobie :



                    Rachida Brakni dit Oui à l'égalité, et à l'amour.


Les autres s'affichent en couple avec une célébrité du même sexe, pour former des "couples imaginaires" :




                              Ici Axelle Laffont et Anne Marivin

Tous ont choisi de poser sans artifice pour montrer la simplicité et l'absence d'incongruité des couples homosexuels.

Vous pouvez retrouver le travail d'Olivier Ciappa sur sa page Facebook : Olivier Ciappa - Page Facebook




Toutes ces personnes ont ressenti le besoin d'exprimer leur point de vue. Pourtant, tous ne sont pas touché directement par cette loi. Mais, comme pour beaucoup d'autres causes, le soutien de personnages publics s'avère important. Parce qu'ils sont visibles. Parce que les gens les aiment. Et parce que leur avis compte pour beaucoup.


Et Tamara se marra.

Itinéraire d'une néo-tit expatriée au pays de la Ficelle

http://ettamarasemarra.wordpress.com/
 
Tamara, c'est une copine à moi. On a fait un p'tit bout de chemin ensemble pendant nos études. Et quelles années, Classes Prépa (ça fait bien, dit comme ça!), on ne peut pas dire que ce soit prévu qu'il y ait une ambiance de petits foufous. Et pourtant, on s'est bien marré quand même !

Aujourd'hui, Tamara est prof d'anglais. Dans son blog, elle nous dépeint le quotidien d'une jeune enseignante qui doit gérer les élèves, les parents, les collègues, et... les mutations. Forcément, tant qu'on a pas 30 ans derrière soi dans l'Education Nationale, difficile de choisir son lieu de résidence !

Des textes très drôles, frais, inventifs, mais aussi très instructifs ! 
L'humour sarcastique le ton caustique de Tamara nous offre une lecture régulière dont on se délecte !

A consommer sans modération !