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Mélanie Laurent, interview (le 3 juin 2013)

A l'issue de la diffusion du film The end of the line à Boulogne-sur-Mer (voir ici), Mélanie Laurent, très accessible malgré la fatigue, a accepté de répondre à quelques questions.


Vous êtes ici pour lutter contre la surpêche. Vous vous engagez dans de nombreuses causes, notamment écologiques. Qu'est-ce qui vous guide dans vos choix ?
Mélanie Laurent : C'est souvent suite à un coup de colère. Je trouve toujours ça assez fort et beau de comprendre que l'être humain est capable du pire et du meilleur, et au pire, il y a des associations et des fondations qui essaient de faire le meilleur. En partant dans ce genre de combat, on rencontre des gens merveilleux, on se sent très petite, ça nous rend très humble et en même temps on a l'impression de faire sa petite part.
Il y a une jolie histoire, celle du colibri : il y a une forêt en feu, et tous les animaux sont à l'orée de la forêt et regardent les arbres se consumer sans rien faire, et il y a un tout petit colibri qui fait 1500 allers-retours toute la journée pour aller déposer une petite goutte d'eau. Tout le monde se fout de lui  en disant : "Tu crois vraiment que cette petite goutte d'eau va changer quelque-chose ?", et le colibri répond "Oui, moi je fais ma part". C'est un peu ça, faire sa part. Même si c'est une petite goutte d'eau, ça fait toujours du bien de se dire qu'on l'a posée, plutôt que d'avoir regardé la forêt en feu.


Justement, Epic [ndlr : film d'animation de Chris Wedge pour lequel Mélanie a prêté sa voix au Mary-Kate, adlescente embarquée dans une bataille contre les forces du Mal voulant la destruction de la nature] est sorti tout récemment en salle et s'adresse plutôt à la jeunesse. C'est important de s'adresser directement aux enfants ? 
Mélanie Laurent à l'avant-première de Now You See Me à New York le 22 mai 2013.Tout part de là en fait. Nous on fait partie, même si on est encore jeunes, d'une génération de surconsommateurs, qui vient du modèle américain de l'après-guerre, génération à qui on a fait croire qu'il fallait plein de voitures, de machines à laver, d'électroménager, de téléphones, de choses qui devenaient tout à coup indispensables, une génération très addict à la téléphonie. Maintenant, il faut que la nouvelle génération, celle qui arrive (regardant son ventre), propose une nouvelle révolution, un nouveau modèle. C'est possible. On a deux choix : soit on continue dans ce modèle-là et on ne va pas s'en sortir, c'est sûr,  soit on inverse les choses, on propose autre chose. On se posait la question dans le débat, s'il y a trop d'êtres humains [voir ici], mais il faut éduquer la nouvelle génération. Surtout qu'ils vont vivre 120 ans ! 


Vous allez tourner un nouveau film très bientôt... 
Oui, toujours dans cet esprit de dénoncer des choses, je pars faire un film d'un réalisateur yéménite dans moins d'un mois, au Maroc, sur les jeunes filles mariées de force  à 10 ans. Il y a 300 millions de jeunes filles mariées de force, qui se retrouvent enceinte à 10 ans et demi et qui souvent meurent en donnant la vie. C'est un film qui va dénoncer ce qui se passe au Yémen. Je vais jouer un docteur, très enceinte ! Ils ont changé le rôle !!

En ce qui concerne la réalisation, vous tournerez bientôt Respire [adaptation du roman d'Anne-Sophie Brasmes].
Oui, fin octobre.
C'est une histoire assez dure non ? Une amitié adolescente qui ne tourne pas forcément bien...
Ah vous l'avez lu ! J'ai fait une adaptation très libre. Mais il parle d'un sujet assez actuel, la perversion narcissique. Les pervers narcissiques sont plus identifiés maintenant, même s'il y en a toujours eu. Je pense que c'est un vrai sujet social, d'actualité... les grands manipulateurs...

Une question que l'on ne vous pose pas assez souvent et à laquelle vous aimeriez répondre ? 
Dans ma vie ?
En général ! 
On me pose rarement la question de savoir si je suis heureuse ! 
Bonne question, vous l'êtes ?
(rires) Oui ! Merci !