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Olivia Ruiz calme sa tempête !

Olivia Ruiz et Franck Marty
Olivia, c'est une longue histoire. La première fois que je l'ai vue en concert, c'était il y a 10 ans. J'en avais 16. Elle faisait une première partie dans une toute petite salle franc-comtoise. Sur la tournée de J'aime pas l'amour, en 2003-2004, j'ai eu l'occasion de la rencontrer plusieurs fois, avant ou après les concerts. Même chose pour la tournée suivante, la Femme Chocolat. La troisième tournée fût moins "fructueuse", car la plupart des concerts de Miss Météores ont eu lieu dans des grandes salles, et je me suis un peu moins déplacée.


Depuis le 27 janvier, la quatrième tournée est lancée à travers la France et les pays limitrophes. Olivia embarque le Calme et la Tempête dans ses valises et fait vibrer tous les coins de l'hexagone. Et moi aussi !
L'Olympia le 18 février, le 104 le 6 juin et les Folies Maubeuge le 8 juin, trois spectacles bien différents les uns des autres mais tous magiques.

Olivia au 104
Le spectacle est très impressionnant. Un système de projection sur un écran de toile qui devient tour à tour ciel bleu, portrait ou tempête en mouvement. Six musiciens sur scène, toujours aussi doués, dont un danseur qui accompagne Olivia dans des duos effrénés de salsa et autres, qui transporte le public et nous fait voyager.

L'Olympia, bien sûr, c'est le mythe, la scène tant prisée et foulée par une multitude d'artistes. Le souvenir, pour Olivia, des personnes qui étaient présentes lors d'un de ses précédents passages et qui, aujourd'hui, ne sont plus là... Et puis, c'était la retrouver comme quelques années auparavant, discuter et partager quelques minutes avec elle.

Maubeuge, festival en plein air, un concert plus court, une partie du décor en moins mais une ambiance beaucoup plus décontractée. Pas mal de petits loulous devant les barrières, attendant impatiemment que les premières parties se terminent. Concert une bonne partie de jour, qui prouve qu'Olivia est bien attentive au public et reconnaît les p'tites têtes qu'elle aperçoit.

Olivia Ruiz : "Je n'ai jamais d'embrouille avec mes amis"


Et le 104, ma date préférée. En effet, ce centre culturel est ouvert à tous, regorge d'expositions, de danseurs ou de comédiens qui répètent, et la scène se trouve au centre de ce joyeux bazar. Du coup, l'après-midi "attente" s'est déroulé dans une ambiance relax, à siroter du Coca Cherry dans des transats sous le soleil. Olivia est arrivée vers 16h (le concert avait déjà eu lieu la veille), nous a dit de venir la voir après les balances. On a assisté aux petits réglages techniques et voix, puis tout le monde est sorti se détendre dans la cour. A cette occasion, Olivia, comme d'habitude très à l'écoute, disponible, adorable et souriante (oui oui, tout ça!) a accepté de répondre à quelques questions avant d'aller se préparer pour la scène. 

L'envolée sauvage d'Olivia


Olivia, est-ce que tu pardonnes tout en amitié ? 

Tu sais, je n'ai jamais d'embrouille avec mes amis. Ça fait 10 ou 15 ans que j'ai les même, voire 20 pour certains, et souvent j'entends des copines qui me disent qu'elles se sont embrouillées avec quelqu'un, moi jamais. Au pire, on s'engueule un bon coup, ça dure 5 minutes et puis on se fait des bisous et c'est fini ! 


"Tu te régales quand tu composes à deux"

Depuis quelques temps, c'est la mode des "albums-hommage". Est-ce que ce genre de travail te tenterait ? 

Non, je me sentirais un peu feignante si je faisais un album hommage à mon âge, tu vois. Après 20 ans de carrière, tu peux avoir envie de te faire un délire, de reprendre des chansons que tu adores. Mais je trouve aussi que le faire à mon âge, c'est un peu feignant. Il faut encore que je me bouscule à essayer de créer jusqu'à ce que l'inspiration ne soit plus là.





Justement, en 10 ans tu es passée d'un premier album écrit POUR toi, à un quatrième écrit totalement PAR toi. Tu rechanterais des chansons que l'on t'écrit ? 

"Je pense que la notoriété fait peur"


Maintenant, je ne pourrais plus chanter des textes qui ne sont pas les miens. D'autres mots dans ma bouche, pour avoir essayé, j'ai vraiment du mal à les sentir. 
Par contre, pour la mise en musique, c'est vrai que j'aime ça. Quand je compose avec des gens que j'aime, j'apprends toujours. Lorsque tu composes à deux, il y a cette richesse, le moment du partage pendant lequel tu te régales. Toute seule, quand t'as fini ta chanson, t'as pas cette excitation, cette joie. On verra !  





De quoi, ou de qui, tu pourrais avoir peur ? 

Oula, j'ai peur de plein  de trucs. Par contre, pas de plein de gens. Parce que même quelqu'un de méchant ou d'agressif a une raison de l'être, quelque-chose qu'il a subit. Donc je peux avoir peur d'un animal, de conneries comme ça, mais des gens non. Parce que finalement les gens qui peuvent être agressifs, je les plains plus que je n'en ai peur.

Olivia Ruiz et Orelsan au Centquatre


Et tu penses que tu fais peur à quelqu'un ? 

Je pense que la notoriété fait peur, et que les filles indépendantes, qui gèrent leur vie ça peut faire peur aux garçons. Il y a un côté "A quoi on va servir là-dedans" !




De quelles habitudes tu ne pourrais pas te passer ?
J'en ai plein ! Malheureusement la clope, le chocolat après 23h... Et le sport parce que dès que je n'en fais pas pendant longtemps je sens que je suis moins bien dans ma tête...

Même quand tu es en tournée, tu fais du sport ? Sur scène tu te dépenses pas mal ! 
Oui bien sûr, mais sur scène tu ne travailles pas des choses spécifiques. Souvent, je parle de ma tête à mon coach, je lui dis ce qui ne va pas et il va me faire travailler physiquement en fonction de ça.

Olivia entourée de trois de ses musiciens

Tu as une phrase fétiche, un leitmotiv ?
Oui, une phrase de mon grand-père maternel, qui dit "On n'obtient les choses qu'à la sueur de son front".

Pour finir, en octobre tu vas passer du côté lyrique de la force ?!

C'est ça ! C'est un opéra de Manuel de Falla, qui s'appelle L'amour sorcier, dans lequel je vais surtout danser même s'il y a quelques chansons. C'est un opéra pour un personnage, le mien, un personnage féminin, et je serai sur scène avec 12 danseurs, et 18 musiciens dans la fosse. J'ai hâte !


"On n'obtient les choses qu'à la sueur de son front"

Eh bien, je ne sais pas vous, mais j'ai hâte aussi !


Z'arts up' 2013, les arts de rue à Béthune




 

Le week-end dernier s'est déroulé à Béthune (62) le 14ème festival européen des arts de la rue, Z'arts Up'. 

 

Théâtre, danse, mime, marionnettes... De nombreux artistes se sont partagés les rues de la ville pour offrir aux spectateurs une multitude de possibilités.

 

J'ai donc pu assister à 3 spectacles au cours de ce week-end.




Cie Chiennes nationales - La vie devant soi

Une adaptation du roman de Romain Gary (écrit sous son pseudo Emile Ajar). 
Deux comédiennes s'approprient le merveilleux texte de La vie devant soi, en interprétant à tour de rôle le narrateur, Momo, et d'autres personnages. Momo a 14 ans mais croit en avoir 10. Il vit chez Madame Rosa, une vieille femme juive, dans le Belleville des années 50. Ses compagnons de route, d'autres enfants de prostituées vivant hébergés dans le même appartement, Monsieur Hamil, un vieil homme plein de sagesse, le Mahoute, adolescent diabétique et héroïnomane, ou encore Arthur, un parapluie avec un visage, se succèdent et ponctuent sa vie pour l'aider à grandir. 
De grands sujets de sociétés sont évoqués : la religion, la guerre, le droit à mourir, l'abandon, etc.
Le texte, à lire ou à relire sans attendre, est un délicieux moment de poésie, une tranche de vie crue, sans fioritures, emprunt de liberté et de vérité



Extraits :
"Madame Rosa dit que la vie peut être très belle 
mais qu'on ne l'a pas encore vraiment trouvée 
et qu'en attendant il faut bien vivre."

"J'ai toujours remarqué que les vieux disent "tu es jeune, tu as toute la vie devant toi", 
avec un bon sourire, comme si cela leur faisait plaisir.
Je me suis levé.
Bon je savais que j'ai toute ma vie devant moi 
mais je n'allais pas me rendre malade pour ça."

"  J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque"

 "Madame Rosa engueulait Banania 
mais celui-ci s'en foutait parce qu'il n'avait que trois ans et des sourires. 
Je pense que Madame Rosa aurait peut-être donné Banania à l'Assistance 
mais pas son sourire 
et comme on ne pouvait pas l'un sans l'autre, 
elle était obligée de les garder tous les deux." 


Une petite heure poétique, drôle, pleine d'émotions qui se bousculent. Les comédiennes nous emportent dans le monde de Momo, rendent le bonheur accessible et simple. Ça commence avec une tasse de thé, ça se poursuit dans des éclats de rire et s'achève sur une note teintée de nostalgie.

N'hésitez pas à aller les voir si elles passent vers chez vous (dates et lieux sur cette page).


La française de comptages - Une cerise noire

 

 

  








Une installation extraordinaire. Tout est recréé pour présenter les coulisses d'un tournage de cinéma. Les comédiens sont aussi acteurs, alternant expressivité et subtilité. L'histoire, un polar hollywoodien classique de années, n'a finalement pas grande importance. Ce qui occupe l’œil du public, c'est tout ce qui permet de créer le film. Techniciens, comédiens, figurants, ils utilisent l'espace à leur disposition (ici la Grand' Place de Béthune) pour recréer l'ambiance du plateau de cinéma, des décors, des tournages en studio ou en extérieur. On reste ébahi par la précision de chaque geste, l'énergie détonante de chaque personne présente sur "scène", et on en oublie le film, simultanément diffusé sur grand écran. Un vrai spectacle, un show ahurissant ! (leur site)



La débordante compagnie - Dispersion

Une chorégraphie étonnante. Les danseurs s'approprient le territoire, déplacent le public à leur guise pour effectuer leur spectacle. On est tour à tour parqués dans un espace délimité autour duquel les artistes évoluent, mobiles et livrés à nous-mêmes pour observer leur danse, puis dispersés utilisés comme "décor" humain. La limite danseurs/spectateurs se fait parfois très mince lorsque les premiers projettent leur corps entre les seconds, sans peur du contact.