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Z'arts up' 2013, les arts de rue à Béthune




 

Le week-end dernier s'est déroulé à Béthune (62) le 14ème festival européen des arts de la rue, Z'arts Up'. 

 

Théâtre, danse, mime, marionnettes... De nombreux artistes se sont partagés les rues de la ville pour offrir aux spectateurs une multitude de possibilités.

 

J'ai donc pu assister à 3 spectacles au cours de ce week-end.




Cie Chiennes nationales - La vie devant soi

Une adaptation du roman de Romain Gary (écrit sous son pseudo Emile Ajar). 
Deux comédiennes s'approprient le merveilleux texte de La vie devant soi, en interprétant à tour de rôle le narrateur, Momo, et d'autres personnages. Momo a 14 ans mais croit en avoir 10. Il vit chez Madame Rosa, une vieille femme juive, dans le Belleville des années 50. Ses compagnons de route, d'autres enfants de prostituées vivant hébergés dans le même appartement, Monsieur Hamil, un vieil homme plein de sagesse, le Mahoute, adolescent diabétique et héroïnomane, ou encore Arthur, un parapluie avec un visage, se succèdent et ponctuent sa vie pour l'aider à grandir. 
De grands sujets de sociétés sont évoqués : la religion, la guerre, le droit à mourir, l'abandon, etc.
Le texte, à lire ou à relire sans attendre, est un délicieux moment de poésie, une tranche de vie crue, sans fioritures, emprunt de liberté et de vérité



Extraits :
"Madame Rosa dit que la vie peut être très belle 
mais qu'on ne l'a pas encore vraiment trouvée 
et qu'en attendant il faut bien vivre."

"J'ai toujours remarqué que les vieux disent "tu es jeune, tu as toute la vie devant toi", 
avec un bon sourire, comme si cela leur faisait plaisir.
Je me suis levé.
Bon je savais que j'ai toute ma vie devant moi 
mais je n'allais pas me rendre malade pour ça."

"  J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque"

 "Madame Rosa engueulait Banania 
mais celui-ci s'en foutait parce qu'il n'avait que trois ans et des sourires. 
Je pense que Madame Rosa aurait peut-être donné Banania à l'Assistance 
mais pas son sourire 
et comme on ne pouvait pas l'un sans l'autre, 
elle était obligée de les garder tous les deux." 


Une petite heure poétique, drôle, pleine d'émotions qui se bousculent. Les comédiennes nous emportent dans le monde de Momo, rendent le bonheur accessible et simple. Ça commence avec une tasse de thé, ça se poursuit dans des éclats de rire et s'achève sur une note teintée de nostalgie.

N'hésitez pas à aller les voir si elles passent vers chez vous (dates et lieux sur cette page).


La française de comptages - Une cerise noire

 

 

  








Une installation extraordinaire. Tout est recréé pour présenter les coulisses d'un tournage de cinéma. Les comédiens sont aussi acteurs, alternant expressivité et subtilité. L'histoire, un polar hollywoodien classique de années, n'a finalement pas grande importance. Ce qui occupe l’œil du public, c'est tout ce qui permet de créer le film. Techniciens, comédiens, figurants, ils utilisent l'espace à leur disposition (ici la Grand' Place de Béthune) pour recréer l'ambiance du plateau de cinéma, des décors, des tournages en studio ou en extérieur. On reste ébahi par la précision de chaque geste, l'énergie détonante de chaque personne présente sur "scène", et on en oublie le film, simultanément diffusé sur grand écran. Un vrai spectacle, un show ahurissant ! (leur site)



La débordante compagnie - Dispersion

Une chorégraphie étonnante. Les danseurs s'approprient le territoire, déplacent le public à leur guise pour effectuer leur spectacle. On est tour à tour parqués dans un espace délimité autour duquel les artistes évoluent, mobiles et livrés à nous-mêmes pour observer leur danse, puis dispersés utilisés comme "décor" humain. La limite danseurs/spectateurs se fait parfois très mince lorsque les premiers projettent leur corps entre les seconds, sans peur du contact. 

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