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100 pages blanches, Cyril Massarotto




 

Il y a quelques semaines, j'ai eu le plaisir de découvrir Dieu est un pote à moi (voir ici), premier roman de Cyril Massarotto. 

Après cette lecture, je me suis empressée de me procurer les autres livres de l'auteur. Comme aujourd'hui, c'est son anniversaire, il va de soi que l'article de la semaine se doit de lui être consacré !

 





100 pages blanches est un roman que l'on pourrait qualifier de science-fiction, mais en fait, non.

Le narrateur se voit léguer, à la mort de son grand-père qui l'a élevé, un seul bien : un carnet. Un carnet rempli de ... pages blanches. Ses sœurs, elles, héritent de la moitié de la fortune financière et immobilière du vieil homme. 

Autant dire qu'il est non seulement surpris, mais aussi quelque peu déçu. On le serait à moins.
A quoi va bien pouvoir lui servir ce carnet que le grand-père, dans une lettre post-mortem à notre narrateur, décrit comme magique ?

Effectivement, après quelques jours de doutes et d'incompréhension, il va se rendre compte du pouvoir de ce petit calepin. Il a entre les mains un objet qui lui permet de revivre les souvenirs de son choix. 100 souvenirs. Pas un de plus.

Comment va-t-il s'en servir ? Quels souvenirs choisir, quand les utiliser ? C'est le dilemme qui va se poser tout au fil des pages du roman (pas blanches, celles-ci!).

Mais, et avant tout, il va devoir faire face à une vraie leçon de vie. Comment avancer et construire son avenir si l'on se retourne constamment vers le passé ? Vaut-il mieux abandonner l'idée de revivre les meilleurs moments de sa vie, ou les utiliser pour comprendre son propre cheminement ?

Impossible de ne pas se poser la question : qu'est-ce que je ferais avec ce pouvoir ? C'est sûr, c'est tentant de revivre un instant que l'on sait heureux. Un coup de blues ? Hop, petit bond dans le passé pour faire ressurgir des émotions douces et agréables. Reculer pour mieux sauter. Ou pour ne pas sauter du tout. Vivre dans le passé pour ne pas affronter l'avenir. Ou alors, utiliser cette "magie" pour mieux avancer.

En tout cas, Cyril Massarotto nous offre là encore une petite merveille. Pas de fioritures, de l'émotion pure.


"Plus bot la vie" - Quand les robots et humains ne font plus qu'un.

Real Humans. 100% Humains, en français. 

Voilà une série suédoise qui, malgré les apparences, sort de l'ordinaire.


Nous sommes dans un monde qui pourrait être celui de demain. Des robots ont été créés pour aider dans les tâches quotidiennes. Jusque là, rien de neuf sous le soleil. 
Oui, mais ces robots, les Hubots (human robots) sont, comme leur nom l'indique, des copies conformes d'être humains. Enfin, des êtres humains un peu lisses, trop parfaits (si tant est que la perfection soit représentée par Ken et Barbie...). Leur aspect nous légèrement rend mal à l'aise, nous comme les personnages "humains" de la  série.

Tous uniques, tous identiques

Comme on peut s'y attendre, les Hubots divisent la population en deux camps : les "pros" et les "contres".
Ceux qui trouvent leur vie tellement plus simple depuis qu'ils ne font plus la vaisselle, ne tondent plus la pelouse et ne lisent plus d'histoire à leurs enfants le soir. Et ceux qui prônent le 100% Humain, qui sentent une menace venant de ces humanoïdes omniprésents.

Comme on peut s'y attendre, la création de ces Hubots entraîne toutes sortes de perversions : "débridage" des robots pour améliorer leur performances sexuelles, prostitution de Hubots, mais également histoires d'amour robot/humain, etc.

Comme on peut s'y attendre, une bande de Hubots pas comme les autres, les "enfants de David" , en quelques sortes libérés de leur maître, une sorte de savant fou, et doué d'émotions, qui voudraient prendre le contrôle (du pays, du monde, ion ne sait pas trop, mais ils veulent leur indépendance).

Si parfaits qu'ils en sont effrayants...


La série fait se croiser une dizaine d'histoires singulières, de personnages atypiques. Léo, par exemple, fils de David (oui, celui qui a libéré la meute de Hubots en quête de pouvoir). Léo est humain. Ou plutôt, il l'était. En fait, il est mort lorsqu'il était enfant, et son père lui a implanté un système  électrique pour le ressusciter. Tout comme il a créé un robot en tout point semblable à sa femme, décédée elle aussi.

Il y a aussi Inger, opposée à l'adoption d'un Hubot, mais qui se laisse convaincre par son mari et qui se prend d'une amitié profonde pour Anita (Hubot qui n'est autre que Mimi, petite amie de Léo, qui a été "reformatée").

Lenhnart, beau-père de Inger, doit changer de Hubot car le sien dysfonctionne. Mais s'il se laisse convaincre d'acheter Vera, Hubot gériatrique au visage antipathique qui vient prendre sa tension quand il dort, il ne peut se résoudre à jeter Odi, l'ancien.

Et Roger, qui se retrouve dans une milice anti-hubots après que sa femme soit partie avec Rick, le Hubot coatch sportif, pour vivre leur amour...

"Besoin de me recharger"

Bref, une foule de personnages (humains ou non) attachants, un rapprochement avec l'esclavagisme et les guerres d'indépendance, une grande interrogation morale sur l'utilisation d'un robot si proche de nous que le doute est permis quand à leur droit de parole.


A une époque où la modernité avance plus vite que nous-même, on peut se demander ce que sera demain si le travail effectué sans plaisir était laissé à des robots.
Euh... n'est-ce pas déjà le cas ? ...




La ballade de Lila K., Blandine le Callet

Un autre roman que j'ai terminé il y a peu de temps. 

Incroyable de réalisme malgré le fait qu'il soit futuriste. 

Une idée que l'on peut se faire de l'avenir...


L'histoire se passe au siècle prochain.
Lila n'est qu'une petite fille lorsqu'elle est arrachée violemment à sa mère.
Elle ne supporte rien : ni la lumière, ni la nourriture, ni le contact humain.
Elle ne parle pas, ne regarde personne et dort sous son lit.
Enlevée par des "hommes en noir", Lila se retrouve dans une chambre, entourée de médecins et autres thérapeutes bien intentionnés.

Mais Lila est blessée. Au propre, comme au figuré.
Plaies. Fractures mal soignées. Brûlures. Gale.
Effrayée. Traumatisée.

C'est dans cette institution, où elle est retenue "pour son bien", qu'elle va devoir se (re)construire. Avec l'aide de son premier éducateur, elle va apprendre à lire dans une époque où les livres ont été bannis. Frôlant à tout instant l'illégalité, elle va intelligemment traverser son adolescence d'enfant surdouée pour avoir le droit d'être libre, à sa majorité.

Se fondre dans la masse, c'est ce qu'elle a appris de plus utile. N'être qu'une ombre. Ne pas faire de vagues.
Mais dans sa tête, une idée fixe, qui ne la quittera jamais : retrouver sa mère et comprendre ce qui leur est arrivé.

Douée d'une ironie à toute épreuve, elle utilisera pour cela tous les individus qui croiseront son chemin sans pour autant entrer réellement dans sa vie.

Sa quête ne peut s'achever que d'une seule façon : en découvrant la vérité.