Après Dieu est un pote à moi et Cent pages blanches, je poursuis avec avidité ma lecture des romans de Cyril Massarotto. Je suis l'Homme le plus beau du monde est le troisième.
Quand il est né, il était le plus beau bébé du monde. En grandissant, il est devenu le plus beau petit garçon du monde.
Tous les parents parlent de leur enfant en ces termes. Mais lui, c'est vrai.
Tout le monde s'accorde sur son infinie beauté. La beauté est subjective, mais lui, il EST la beauté.
Si bien que sa mère préfère le garder enfermé à la maison. Et que son père meurt dans une émeute lorsque des gens subjugués par l'enfant se précipitent pour le toucher.
Être le plus beau du monde, ça ressemble à une bénédiction, à un joli sort jeté par les bonnes fées au dessus de son berceau. Mais pour lui, c'est un cauchemar.
Un jour, découvert par un journaliste, il se voit offrir une vie glorieuse. Il devient un phénomène interplanétaire. Caché pour préserver le mystère, il apparait une fois par an, en photo, pour le bonheur de l'humanité entière. Dans sa prison dorée, il a tout ce qu'il désire. Toutes les technologies, toutes les filles.
Jusqu'à ce qu'il craque et s'enfuie loin de tout.
Sa rencontre dans le désert avec une vieille sorcière va changer sa vie. Possesseur d'un seul et unique vœux, il va pouvoir réaliser ce qu'il souhaite.
Que va-t-il choisir ? Que garder ? Tout perdre ? Comment être heureux ?
Son choix sera vite fait, mais il n'obtiendra peut-être pas exactement ce qu'il désire.
Tableau dramatique d'une société au besoin infini d'aduler, critique du pouvoir de l'apparence, philosophie de la perfection... On lit ici un conte presque dérangeant où seule l'enveloppe compte, où l'image est plus forte que la personnalité, soulevé par le ton léger caractéristique de l'auteur.

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