Encore lui, me direz-vous (peut-être) ?
Eh bien oui, mais il faut dire que je ne m'en lasse pas.
C'est la guerre. Depuis huit ans, les "autres" ont dévasté la ville, le pays, peut-être la Terre entière.
Lui, il est âgé. 82 ans. Barricadé dans sa maison qui a vu mourir sa femme, son fils et sa petite fille.
Elle, elle a 9 ans. Peut-être 10. Rejetée par les autres enfants qui vivaient, comme elle, dans les égouts. Elle est muette.
Dans l'enfer de leur vie, ils vont se rencontrer. Et s'aimer. Se protéger. Puisqu'elle ne sait dire que ce mot-là, elle s'appellera "Lumière", elle qui a si peur du noir.
Il lui raconte la "vraie vie", celle qu'elle n'a jamais connue, celle d'avant la guerre, celle de la joie, des petits plaisirs; de l'amour (pas de quiproquo, il s'agit bien là d'un amour filial, d'un grand-père et de sa petite fille "adoptive").
Ils construisent leur famille, tous les deux, s'apprivoisent et s'apprennent.
Chacun, avec son caractère, aide l'autre à continuer. Ensemble, ils espèrent.
Qu'on vienne les libérer, que la guerre s'achève, que les autres partent. Qu'on ne les sépare jamais.
Dans cette attente, leur union n'en devient que plus forte.
Voici sans doute le roman de Cyril Massarotto qui m'a le plus émue. Le plus irréel, mais le plus probable finalement.
Une ville dévastée où le meurtre et la barbarie ont tout anéanti. Ces deux êtres, seuls, si différents, enfermés dans une maison, constamment en danger, et pourtant vivant des instants de bonheur magiques parce qu'ils sont ensemble.
Quand une boite de spaghettis à la tomate et à l'ail devient le plus succulent des mets, quand le rire d'une petite fille est la mélodie la plus enchanteresse aux oreilles d'un vieil homme, dans la douleur, tout est possible.
Avec eux, on attend les sauveurs. On a peur des "autres". On attend la libération, pour savourer avec eux le retour à la vie normale. Le roman de l'espoir.

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