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La petite fille qui aimait la lumière, Cyril Massarotto


Encore lui, me direz-vous (peut-être) ? 

Eh bien oui, mais il faut dire que je ne m'en lasse pas. 


C'est la guerre. Depuis huit ans, les "autres" ont dévasté la ville, le pays, peut-être la Terre entière.

Lui, il est âgé. 82 ans. Barricadé dans sa maison qui a vu mourir sa femme, son fils et sa petite fille.

Elle, elle a 9 ans. Peut-être 10. Rejetée par les autres enfants qui vivaient, comme elle, dans les égouts. Elle est muette.

Dans l'enfer de leur vie, ils vont se rencontrer. Et s'aimer. Se protéger. Puisqu'elle ne sait dire que ce mot-là, elle s'appellera "Lumière", elle qui a si peur du noir.

Il lui raconte la "vraie vie", celle qu'elle n'a jamais connue, celle d'avant la guerre, celle de la joie, des petits plaisirs; de l'amour (pas de quiproquo, il s'agit bien là d'un amour filial, d'un grand-père et de sa petite fille "adoptive").
Ils construisent leur famille, tous les deux, s'apprivoisent et s'apprennent.

Chacun, avec son caractère, aide l'autre à continuer. Ensemble, ils  espèrent.
Qu'on vienne les libérer, que la guerre s'achève, que les autres partent. Qu'on ne les sépare jamais.
Dans cette attente, leur union n'en devient que plus forte.



Voici sans doute le roman de Cyril Massarotto qui m'a le plus émue. Le plus irréel, mais le plus probable finalement. 

Une ville dévastée où le meurtre et la barbarie ont tout anéanti. Ces deux êtres, seuls, si différents, enfermés dans une maison, constamment en danger, et pourtant vivant des instants de bonheur magiques parce qu'ils sont ensemble. 

Quand une boite de spaghettis à la tomate et à l'ail devient le plus succulent des mets, quand le rire d'une petite fille est la mélodie la plus enchanteresse aux oreilles d'un vieil homme, dans la douleur, tout est possible.

Avec eux, on attend les sauveurs. On a peur des "autres". On attend la libération, pour savourer avec eux le retour à la vie normale. Le roman de l'espoir.

Je suis l'Homme le plus beau du monde, Cyril Massarotto

Après Dieu est un pote à moi et Cent pages blanches, je poursuis avec avidité ma lecture des romans de Cyril Massarotto. Je suis l'Homme le plus beau du monde est le troisième.


Quand il est né, il était le plus beau bébé du monde. En grandissant, il est devenu le plus beau petit garçon du monde.
Tous les parents parlent de leur enfant en ces termes. Mais lui, c'est vrai.
 
Tout le monde s'accorde sur son infinie beauté. La beauté est subjective, mais lui, il EST la beauté.

Si bien que sa mère préfère le garder enfermé à la maison. Et que son père meurt dans une émeute lorsque des gens subjugués par l'enfant se précipitent pour le toucher.

Être le plus beau du monde, ça ressemble à une bénédiction, à un joli sort jeté par les bonnes fées au dessus de son berceau. Mais pour lui, c'est un cauchemar.

Un jour, découvert par un journaliste, il se voit offrir une vie glorieuse. Il devient un phénomène interplanétaire. Caché pour préserver le mystère, il apparait une fois par an, en photo, pour le bonheur de l'humanité entière. Dans sa prison dorée, il a tout ce qu'il désire. Toutes les technologies, toutes les filles.

Jusqu'à ce qu'il craque et s'enfuie loin de tout.
Sa rencontre dans le désert avec une vieille sorcière va changer sa vie. Possesseur d'un seul et unique vœux, il va pouvoir réaliser ce qu'il souhaite. 

Que va-t-il choisir ? Que garder ? Tout perdre ? Comment être heureux ?

Son choix sera vite fait, mais il n'obtiendra peut-être pas exactement ce qu'il désire.


Tableau dramatique d'une société au besoin infini d'aduler, critique du pouvoir de l'apparence, philosophie de la perfection... On lit ici un conte presque dérangeant où seule l'enveloppe compte, où l'image est plus forte que la personnalité, soulevé par le ton léger caractéristique de l'auteur.