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Les oranges ne sont pas les seuls fruits - Jeanette Winterson



Jeanette, elle vit en Angleterre. Avec sa mère et son père. 

Jeanette, elle est pauvre et elle croit en Dieu.

Sa mère, convertie sur le tard par un pasteur très charismatique, est très impliquée dans la vie religieuse de sa communauté protestante dans les années 60-70. Tellement impliquée que toute la vie de cette famille est rythmée par ses prières, les offices et les réunions paroissiales. Que Jeanette ne va pas à l'école avant que sa mère ne soit obligée de l'y envoyer. Qu'elle a appris à lire avec des passages de la Bible. Qu'elle est destinée à devenir missionnaire.

Mais Jeanette n'est pas ni vraiment heureuse, ni vraiment malheureuse. Elle avance, vit sa vie de petite fille puis de pré-adolescente. Ses amis sont rares, mais elle peut compte sur Elsie, une vieille femme qui croit au destin et au pouvoir des dés.

Et puis il y a Mélanie. Mélanie est tellement jolie... Dès leur rencontre, les deux jeunes filles ne se quittent plus. C'est décidé, Jeanette ne se mariera pas et elle passera toute sa vie avec Mélanie. 

Oui, mais dans l'Angleterre protestante des années 60, ça ne se passe pas comme ça. Exorcismes, rédemption forcée, rébellion, Jeanette passe par tout un tas d'épreuves pour se trouver, se comprendre, s'affirmer.



Dans ce roman fictionnel-autobiographique, Jeanette Winterson dépeint la vie d'une petite fille débordant d'imagination, intelligente, enfermée dans une morale bien pensante, voire violente. 
On grandit avec elle, on veut la connaître, lui donner les clés pour s'en sortir... 
Mais finalement, elle y parvient très bien toute seule !


Les Morues, Titiou Lecoq


Pourtant, on n'assiste pas à une histoire d'amour. Plutôt à l'Histoire de l'Amour.

Les Morues, à la base, c'est trois nanas qui se sont bien trouvées. Différentes, mais pas tant que soit. Féministes, mais peut-être pas tout à fait jusqu'au bout des doigts.

Les Morues, elles ont une charte qui doivent leur empêcher toute soumission au genre masculin, sans tomber dans des grandes phrases toutes faites et vides de sens.

Et puis il y a Fred, qui devient la quatrième Morue. Fred, c'est un garçon. Il connait Ema, l'une d'entre elles, depuis l'adolescence. Le suicide de l'une de leurs amies de l'époque va les rapprocher. Ils se retrouvent pour élucider cette mort qui leur parait suspecte. Improbable. Incompréhensible.
Intrigues politiques, faux papiers et mensonges... tout est réuni pour nous tenir en haleine.
 
Mais le cœur du roman, c'est l'amour. L'amour, qui est finalement le noyau de toute histoire, depuis la nuit des temps.

Dans toutes ses dérives, ses déviances et variantes. Entre l'amour bienséant qui plairait à papa-maman et celui que l'on veut offrir, entre des choix de vie et ce que l'on peut donner, entre l'accomplissement personnel et les inévitables compromis...
 
L'amour qui se cache là où on ne l'attend pas... et que l'on ne retrouve pas là où on le désire. L'amour physique face au confort de la vie sentimentale.
 
C'est aujourd'hui, c'est notre vie, celle que l'on construit au jour le jour et celle de tous nos avatars sur les réseaux sociaux. Notre vie à nous, jeunes adultes en manque d'indépendance tout en gardant de force un pied ancré dans l'enfance.



Pas une seconde d'ennui, pas une page plus longue que les autres, aucune ligne qu'on voudrait sauter. Tout simplement à dévorer, en deux petites soirées, entre thé vert et cigarettes roulées.