Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles

L'enfant de personne, Charlotte Link

Leslie est médecin. Divorcée depuis peu. Sa vie ne lui semble guère plaisante. Un jour, invitée par une amie de sa famille, elle part passer un week-end chez sa grand-mère, la femme qui l'a élevée.

Gwen va se marier avec Dave. Elle a 35 ans et croit bien faire en invitant quelques proches chez son père - avec qui elle vit depuis toujours - pour fêter ses fiançailles. Son père, Chad, est bien sûr présent, ainsi que Leslie et sa grand-mère, Fiona, amie de Chad depuis toujours. Il y a aussi le couple qui loue chaque été,  depuis quelques années, la dépendance de la ferme de Chad. 

Cette soirée, qui devait être une fête pour chacun, va très vite tourner au cauchemar lorsque Fiona va dire tout haut ce que tout le monde pense : Dave, un beau mec fauché comme les blés, n'aime pas Gwen et n'en veut qu'à ses terres. 

Cela aurait pu être le pire moment du week-end si Fiona n'avait pas été retrouvée morte le lendemain matin, vidée de son sang après avoir été percutée plusieurs fois contre un mur.
 
Valerie Almond, inspecteur de police, va lier cette affaire à celle d'une jeune fille assassinée récemment, Amy Mills, dont la tête avait été fracassée avec une pierre. 

Les suspects se succèdent. Dave, bien sûr, par vengeance. Jennifer, la vacancière dépressive, qui aurait été enseignante dans un établissement fréquenté par Amy Mills. Colin, son mari, homme étrangement calme et détaché. 

Le coupable fait-il partie de cet étrange petit groupe ? Quel rapport pouvaient avoir Amy et Fiona?

 

Parallèlement à l'enquête, c'est l'enfance de Fiona qui nous est dévoilée. A travers des mails envoyés à Chad et qui vont passer de mains en mains, on découvre leur passé commun pendant et après la guerre. 

Quel drame ont-ils vécu pour donner l'impression de cacher tant de choses ?

L'originalité de ce thriller réside dans le fait qu'il se déroule à travers deux époques : aujourd'hui, avec l'assassinat de Fiona et l'enquête de l'inspecteur Almond, et dans les années 1940. 

Petit à petit, à travers la correspondance de Fiona, on comprend le lien unissant les deux histoires.
Dans ces e-mails, Fiona relate le moment, où elle est arrivée avec Brian Sommerville (surnommé Nobody) dans la ferme des parents de Chad pour lui éviter de vivre les bombardements. 

L'enfant de personne, c'est lui, Nobody. 

Orphelin, il suit Fiona comme son ombre. Malheureusement, son esprit est ailleurs, il n'accrochera jamais avec la réalité. Mais qu'est-il devenu lorsqu'Arvid, le père de Chad, l'a confié à un fermier voisin réputé pour sa violence? 

Leslie tentera de découvrir ce qui est arrivé à l'enfant abandonné de tous. Menant, sa propre enquête, elle découvrira des facettes peu reluisantes de sa grand-mère. Et les liens qui l'unissaient vraiment à cet homme discret qu'est Chad Beckett.

Je n'en dis pas plus, mais le dénouement est tellement surprenant que je vous invite à le découvrir par vous-même !

La petite fille qui aimait la lumière, Cyril Massarotto


Encore lui, me direz-vous (peut-être) ? 

Eh bien oui, mais il faut dire que je ne m'en lasse pas. 


C'est la guerre. Depuis huit ans, les "autres" ont dévasté la ville, le pays, peut-être la Terre entière.

Lui, il est âgé. 82 ans. Barricadé dans sa maison qui a vu mourir sa femme, son fils et sa petite fille.

Elle, elle a 9 ans. Peut-être 10. Rejetée par les autres enfants qui vivaient, comme elle, dans les égouts. Elle est muette.

Dans l'enfer de leur vie, ils vont se rencontrer. Et s'aimer. Se protéger. Puisqu'elle ne sait dire que ce mot-là, elle s'appellera "Lumière", elle qui a si peur du noir.

Il lui raconte la "vraie vie", celle qu'elle n'a jamais connue, celle d'avant la guerre, celle de la joie, des petits plaisirs; de l'amour (pas de quiproquo, il s'agit bien là d'un amour filial, d'un grand-père et de sa petite fille "adoptive").
Ils construisent leur famille, tous les deux, s'apprivoisent et s'apprennent.

Chacun, avec son caractère, aide l'autre à continuer. Ensemble, ils  espèrent.
Qu'on vienne les libérer, que la guerre s'achève, que les autres partent. Qu'on ne les sépare jamais.
Dans cette attente, leur union n'en devient que plus forte.



Voici sans doute le roman de Cyril Massarotto qui m'a le plus émue. Le plus irréel, mais le plus probable finalement. 

Une ville dévastée où le meurtre et la barbarie ont tout anéanti. Ces deux êtres, seuls, si différents, enfermés dans une maison, constamment en danger, et pourtant vivant des instants de bonheur magiques parce qu'ils sont ensemble. 

Quand une boite de spaghettis à la tomate et à l'ail devient le plus succulent des mets, quand le rire d'une petite fille est la mélodie la plus enchanteresse aux oreilles d'un vieil homme, dans la douleur, tout est possible.

Avec eux, on attend les sauveurs. On a peur des "autres". On attend la libération, pour savourer avec eux le retour à la vie normale. Le roman de l'espoir.